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Rapport final de la conférence des bailleurs de fonds sur les comores Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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I.1. Genèse et fondements de la conférence Petit État insulaire en Développement (PEID), située au sud de l’Océan Indien entre l’Afrique et le Madagascar, l’Union des Comores fait partie du groupe des Pays les Moins Avancés (PMA) avec un PNB par habitant de 450 dollars en 2004. Depuis son accession à l’indépendance le 6 juillet 1975, le pays n’a pas connu de véritable période de stabilité politique susceptible de créer les conditions nécessaires pour le développement socioéconomique et la mise en place d’un cadre politico - institutionnel viable et répondant aux aspirations de la population. Le nouveau président de l'UNION des Comores A.A.SAMBI avec sa determination pour lutter contre la pauvreté et pour favoriser le décollage économique et social du pays a suscité un nouvel espoir au sein de la population comorienne avec une véritable rupture tant au niveau de la méthode de travail que sur les promesses de sa campagne éléctorale.


Par conséquent, l’archipel des Comores vit depuis le milieu des années 80 une crise économique grave marquée notamment par des taux de croissance du PIB qui restent constamment en dessous du taux de croissance de la population. La croissance économique par tête d’habitant négative et l’amplification subséquente de la pauvreté (44,8 % de la population totale est classée pauvre en 2004) ont détérioré les conditions de vie des populations et rendu difficile leur accès aux services sociaux de base. Cette crise socioéconomique a connu son paroxysme avec l’apparition et le développement des velléités sécessionnistes de l’île de Ndzuwani en 1997 engendrant en plus une crise institutionnelle.

Avec l’appui de la communauté internationale, un processus de réconciliation nationale a été amorcé et soutenu par la signature des accords de Fomboni en février 2001 suivi de l’adoption, par référendum, en décembre de la même année, d’une loi fondamentale instituant un nouvel ensemble comorien dénommé « Union des Comores » au sein duquel chaque île jouit d’une large autonomie et dispose d’une constitution propre.

Toutefois, la constitution s’est contentée de préciser le domaine exclusif du pouvoir central et a renvoyé à l’Assemblée de l’Union le soin de voter les lois organiques définissant le champ des prérogatives et des compétences exclusives des îles et celles partagées entre l’Union et les îles. Cette constitution inachevée avait déclenché, dès l’élection des présidents des îles et de l’Union en 2002,  des conflits aigus de compétence, notamment autour des problèmes liés aux finances publiques et à la sécurité. Ce qui avait replongé le pays dans une grave crise politique et avait paralysé la poursuite de la mise en place des institutions constitutionnelles. Il faudra attendre  pratiquement deux ans pour que, grâce à la mobilisation de la communauté internationale, les élections législatives puissent avoir lieu. Ces scrutins ont été organisés en mars et avril 2004 respectivement pour les assemblées des îles et de l’Union.
Aujourd’hui, l’essentiel des institutions constitutionnelles sont mises en place et la loi organique fixant les domaines de compétence entre les îles et l’Union a été adoptée par l’Assemblée nationale. Actuellement, les nouvelles institutions du pays sont confrontées à beaucoup de contraintes liées, notamment, aux ressources financières intérieures limitées. Les ressources disponibles n’arrivent pas à couvrir les dépenses de structures et les autres dépenses induites par la nouvelle architecture institutionnelle. Ainsi, la relance de l’économie et l’élargissement des recettes apparaissent comme une condition plus que jamais nécessaire, non seulement pour permettre au pays de faire face efficacement à ses impératifs de développement de manière générale, mais également  pour assurer la pleine fonctionnalité des nouvelles institutions mises en place.

Par ailleurs, et depuis le début des années 90, les Comores ont poursuivi, avec l’appui des partenaires au développement, notamment les institutions de Bretton Woods, une politique libérale de développement économique, à travers la mise en œuvre de programmes de stabilisation et d'ajustement structurel, visant à promouvoir un développement rationnel du potentiel économique du pays tout en ramenant les déséquilibres macro-économiques à un niveau soutenable à moyen terme.
Toutefois, malgré les efforts consentis, la situation demeure précaire au niveau macroéconomique.  On note une faible progression du produit intérieur brut à prix constants et des déséquilibres financiers importants et non soutenables à court/moyen terme.
Cette situation a conduit les autorités comoriennes à mettre en œuvre des initiatives plus audacieuses pour faire face aux principales menaces, notamment le poids insoutenable de la dette extérieure estimée à 264 millions de dollars en 2004, l’inefficacité des actions publiques et la baisse tendancielle de l’aide extérieure. Entre 1996 et 2000, cette dernière est passée de 64 à 16 millions de dollars, ce qui est venue exacerber encore la crise socio-économique qu’a traversé le pays et compromet aujourd’hui, la capacité des Comores à atteindre les OMD.
C’est ainsi qu’avec l’appui de ses partenaires, l’Union des Comores s’est dotée d’une Stratégie de Croissance et de Réduction de la Pauvreté (SCRP) en 2003. Ce document, issu d’un long processus participatif et inclusif, a été validé par l’ensemble des institutions publiques, de la société civile, des organisations non gouvernementales et des opérateurs économiques. Dans sa version intérimaire, la SCRP a reçu un accueil très positif de la part des partenaires au développement, notamment des institutions de Bretton Wood et de l’Union Européenne. Cette SCRP constitue aujourd’hui le document de référence en matière de développement socio-économique des Comores.
 Aujourd’hui, l’Union des Comores se trouve à la croisée des chemins. D’une part, elle doit poursuivre la mise en place et l’opérationnalisation des nouvelles institutions constitutionnelles, d’autre part, elle doit faire face aux innombrables défis de développement, en particulier la relance de la croissance et la réduction de la pauvreté. Elle a donc plus que jamais besoin de tout l’accompagnement multiforme de ses partenaires au développement pour consolider les divers acquis de la réconciliation nationale et améliorer rapidement les conditions de vie de la population afin de ne pas retomber dans la situation de marasme ex ante qui avait conduit le pays au bord de l’implosion.  
C’est dans ce cadre que le Gouvernement de l’Union des Comores a organisé, sur la base de cette stratégie (SCRP), une Conférence des partenaires au développement, le 8 décembre 2005, à Maurice. En organisant cette conférence,  le Gouvernement visait un double objectif :
•    Engager des concertations avec ses partenaires autour d’un programme global de développement du pays afin de relancer la coopération ;
•    Mobiliser les ressources nécessaires au financement du programme d’investissement prioritaire.
Il est à rappeler que, cette conférence de Maurice s’est inscrite en droite ligne avec les résolutions pertinentes de l’ONU, notamment la résolution 58/120 de l’Assemblée Générale, avec la décision du Conseil exécutif de l’Union africaine (doc. EX.CL/106 (V) qui invitait dès le mois de juillet 2004 la Commission de l’UA, en concertation étroite avec les autorités mauriciennes et d’Afrique du Sud, à apporter tout l’appui nécessaire pour relancer les préparatifs en vue de la tenue rapide de la conférence. Elle fait également partie intégrante des accords de Fomboni du 17 février 2001 et de Beit Salam du 20 décembre 2003 sur la réconciliation nationale.
Afin de mieux assurer la participation de tous les acteurs du développement aux travaux de préparation de cette conférence et dans un souci de maintenir l’esprit de la réconciliation nationale, les autorités des îles autonomes et de l’Union ont œuvré ensemble dans la préparation des documents techniques de la conférence, leurs différents représentants étant présents à tous les niveaux du dispositif institutionnel mis en place pour piloter le processus.
Le gouvernement entend concentrer ses efforts humains, matériels et financiers et orienter ceux de ses partenaires au développement au cours de quatre (4) prochaines années, à la mise en œuvre des trente cinq (35) programmes prioritaires retenus dans un plan d’actions (2006-2009).
Plus spécifiquement, le gouvernement entend poursuivre une politique assurant un cadre macro-économique sain, car cela constitue une condition nécessaire à une croissance forte et à une meilleure compétitivité de l’activité économique.
Ainsi, les politiques budgétaires et fiscales engagées viseront à maintenir le solde budgétaire à un niveau soutenable. Le solde primaire s’établirait à une moyenne annuelle de 2,2 % du PIB.  Ce scénario repose sur l’hypothèse d’un rattrapage progressif du retard de la croissance à partir des secteurs porteurs tels que l’agroalimentaire, le tourisme, les activités de transport, la pêche, l’artisanat, les petites et moyennes entreprises produisant des biens de substitution aux importations, et la délocalisation des services.
L’ensemble des autorités du pays, ainsi que les diverses composantes de la population, étaient mobilisés pour la tenue de cette conférence car de son succès dépend l’évolution positive de la situation socio-économique et politique à court et à moyen termes de l’Union des Comores.

I.2. Documentation de la Conférence
Les Comores ont élaboré et validé un document de Stratégie de Croissance et de Réduction de la Pauvreté (SCRP), en juin 2003, dans la perspective de l’adhésion des Comores au programme FRPC (Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et la Croissance) sous l’Initiative PPTE (Pays Pauvres Très Endettés). Ce document fait office de DSRP intérimaire du pays dans ce cadre.
La Note méthodologique portant cadre de référence de la Conférence des bailleurs de fonds en faveur des Comores indique que le Document de la Stratégie de Croissance et de Réduction de la Pauvreté (DSCRP) est le document de base de la Conférence. Cette Note fixe les documents techniques et autres à apprêter dans le cadre de cette conférence; il s’agit notamment :
-  d’une synthèse de la SCRP;
-  d’un plan d’action prioritaire de la SCRP pour la période 2006-2009;
- d’un programme d’investissement public dérivé du plan d’action prioritaire de la SCRP;
- d’un document de plaidoyer
- des documents de stratégies sectorielles pour les secteurs prioritaires
- d’un document de stratégie de communication pour la Conférence

La SCRP a été actualisée en 2005 afin de prendre en compte les données récentes issues des grandes opérations de collecte statistique réalisées en 2003 et en 2004 dont le RGPH et l’Enquête Intégrale auprès des Ménages (EIM) ainsi que les nouvelles priorités identifiées.
L’actualisation a porté, entre autres, sur une restructuration du document initial pour mieux faire ressortir les secteurs sociaux prioritaires pour notre pays à savoir la santé et  l’éducation comme axes stratégiques à parts entières et sur l’intégration d’un nouvel axe stratégique relatif à la sécurité et la lutte contre le terrorisme. La nouvelle version de la SCRP renferme donc sept axes stratégiques au lieu de cinq dans la version précédente.
I.2.1. Les documents de base
a) Le document de synthèse de la Stratégie de Croissance et de Réduction de la Pauvreté
Une synthèse du document de la SCRP a été élaborée pour les besoins de la Conférence afin de ressortir la quintessence de la stratégie. Ce document qui a été traduit en anglais et en arabe, donne une idée complète et rapide de la vision comorienne en matière de développement à moyen terme. Il porte notamment sur les aspects socio-économiques, prend en compte le cadrage macro-économique comme établi en conjonction avec le FMI dans le cadre du programme de référence (staff monitored program-SMP) et donne les axes stratégiques et les programmes prioritaires de la SCRP.
b) Le plan d’action de la stratégie de croissance et de réduction de la pauvreté
Ce document détaille les programmes prioritaires de la SCRP pour la période 2006-2009 avec les principales interventions afférentes ainsi que les objectifs, les cibles et les budgets associés. Il était prévu initialement un plan d’action sur trois ans, comme de coutume dans le pays, mais des considérations stratégiques liées notamment à la tenue de la conférence en fin d’année 2005 ont conduit le Gouvernement à retenir quatre ans pour la mise en œuvre du Plan d’actions de la SCRP.
C’est le principal document de travail de la Conférence. Il a été traduit en anglais et en arabe.
I.2.2. Les documents d’appui
a) Le document de plaidoyer
Dans un contexte de déclin tendanciel de l’aide public au développement accordé aux Comores, ce document vise à montrer à la communauté internationale et notamment aux bailleurs de fonds que le pays a besoin et mérite tout leur intérêt et leur appui pour son développement.  Le document rend compte notamment des efforts déployés et des avancées enregistrées dans le cadre des engagements pris par les autorités nationales pour consolider le processus de réconciliation nationale,  renouer avec la stabilité, la paix et la sécurité et assainir le cadre macroéconomique.
Le document de plaidoyer a été traduit en anglais et en arabe.
b) Les notes de stratégies pour les secteurs prioritaires
Dans l’optique d’attirer l’attention des bailleurs de fonds et des partenaires techniques sur certains secteurs clés pour le développement humain des Comores,  des documents synthétiques sur les stratégies et les besoins de certains secteurs jugés hautement prioritaires  pour le pays ont été élaborés. Ces notes devraient faciliter l’organisation des consultations sectorielles et thématiques envisagées par le Gouvernement. Ces notes ont portés sur les secteurs prioritaires suivants : Agriculture, Pêche, Santé (lutte contre le Paludisme), Energie, Formation Technique et professionnelle (FTP) et les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC).
c) Le programme d’investissement public (PIP)
Il s’agit de la déclinaison détaillée en termes de programmes, sous un format standardisé, du plan d’action de la SCRP sur le même horizon de quatre ans. Des fiches de programmes et des fiches synthèses ont été élaborées à cet effet.
d) La stratégie de communication
La stratégie de communication vise à promouvoir le dialogue entre les divers intervenants impliqués aux différents niveaux dans la préparation de la conférence des partenaires, d’une part, et à sensibiliser et mobiliser les décideurs, la société civile, le secteur privé, la population et les partenaires au développement autour des objectifs de la conférence, d’autre part. Un plan d’actions de cette stratégie a été élaboré et mis en œuvre par la Cellule Technique de Communication  (CTC) de la Conférence.
II. CEREMONIE D’OUVERTURE DE LA CONFERENCE
La cérémonie d’ouverture de la conférence des bailleurs de fonds en faveur de l’Union des Comores a été caractérisée par deux phases essentielles dont l’une protocolaire et l’autre réservée aux allocutions.
II.1. Présentation de la cérémonie d’ouverture
Le Gouvernement  Mauricien avait pris toutes les dispositions pratiques allant de l’enregistrement des participants à leur installation dans la salle de conférence.
Les chefs d’Etat et de gouvernement ainsi que les représentants des organisations internationales et régionales ont eu un traitement protocolaire tout particulier avec piquet d’honneur à l’entrée principale du centre des conférences.
SEM N. Ramgoolam Premier Ministre mauricien a accueilli personnellement le président THABO MBEKI avec qui, il s’est entretenu à son bureau avant d’être rejoints par le président de l’Union des Comores.
Cette audience a été élargie au Représentant de l’UA, de l’UE, des NU et de la LEA, rassemblant ainsi la liste des personnalités invitées à siéger à la tribune officielle et dont l’entrée dans la salle de conférence a été saluée par des applaudissements nourris de l’assistance.
Ainsi débuta à 9 heures 30 ce 8 décembre 2005, la conférence des bailleurs de fonds en faveur de l’Union des Comores sous la co- présidence de Monsieur THABO MBEKI et le premier Ministre le Dr N. RAMGOOLAM en présence du président AZALI de l’Union des Comores.
Après l’annonce du programme par le maître de cérémonie, chef de cabinet du Premier Ministre Mauricien, le Président T. Mbéki remercia l’assistance et annonça la désignation de l’union africaine en qualité de rapporteur général de la conférence.
II.2  Résumés des allocutions d’ouverture
II.2.1 Allocution de bienvenue de Son Excellence Monsieur Navinchandra Ramgoolam, Premier Ministre de la République de Maurice
Le Premier Ministre mauricien S.E.M N. Ramgoolam prit la parole en premier pour souhaiter la bienvenue à Maurice à tous les participants à la conférence des Bailleurs de fonds en faveur de l’Union des Comores. Il rappela le contexte politique et économique qui a occasionné la mobilisation de l’U.A et de toute la communauté internationale pour venir en aide au gouvernement et au peuple comoriens dont l’histoire récente a été jalonnée de diverses crises créant une instabilité politique permanente. Il poursuivit en indiquant que :
Depuis la signature de l’Accord de Fomboni en février 2001, les comoriens se sont dotés des nouvelles institutions consacrant la réconciliation nationale.
Aujourd’hui, le Gouvernement comorien présente à la communauté internationale une stratégie de réduction de la pauvreté et son plan d’action pour les quatre prochaines années (2006-2009).
Il revient à la communauté internationale d’apporter l’assistance nécessaire à ce pays résolument engagé dans la lutte contre la pauvreté et les inégalités. Pour sa part, la République de Maurice attachée au renforcement des liens de bon voisinage avec l’Union des Comores, n’a jamais ménagé ses efforts pour venir au secours des Comores.
C’est ainsi que déjà à la conférence des amis des Comores, tenue à Paris en 2001, la République de Maurice a octroyé une aide financière de un million de dollars. Le Gouvernement mauricien reste convaincu que le bien être et la stabilité politique aux Comores contribueront à l’avènement de la paix et la sécurité dans la sous région et a annoncé la somme de 100 000 dollars comme contribution de la République de Maurice à l’organisation des élections présidentielles prochaines aux Comores.
II.2.2 Allocution d’ouverture de Son Excellence Monsieur Azali Assoumani, Président de l’Union des Comores
Lors de son intervention, le Président de l’Union des Comores, S.E Monsieur AZALI ASSOUMANI a tenu tout d’abord à remercier le Gouvernement et le peuple mauricien pour avoir bien voulu accueillir la présente conférence. Il a remercié tout simplement le Premier Ministre Ramgoolam pour les facilités et l’organisation parfaite qui contribueront à la réussite de la conférence. Il a rappelé également que malgré le changement de régime survenu à Maurice, les nouvelles autorités ont respecté l’engagement  pris par leurs prédécesseurs. Il a ainsi profité pour saluer et remercier l’Ancien Premier Ministre mauricien PAUL BERANGER présent dans la salle.
Le Président AZALI a remercié et félicité l’Union africaine pour son implication dans la résolution de la crise comorienne depuis 1997. Ainsi depuis Antananarivo, Addis-Abeba, Pretoria, Paris, Fomboni dans l’île comorienne de Mwali, l’Union Africaine a toujours été aux côtés du peuple comorien pour l’accompagner dans sa quête de réconciliation nationale.
La conférence de Maurice constitue le résultat des efforts de la communauté internationale dont l’UA a été et reste le principal artisan. Parlant du rôle joué par l’Afrique du Sud, dans son rôle de coordonnateur des efforts des pays de la Troïka et dans la région, le Président AZALI a accordé une mention spéciale au Président MBEKI dont le dévouement et l’engagement au service de la paix dans le monde et en Afrique en particulier n’est plus à démontrer.
Le Président de l’Union des Comores n’a pas manqué de souligner le rôle précieux joué par le Secrétaire Général de l’OIF SEM ABDOU DIOUF ainsi que son organisation. Il a également énuméré les Organisations comme l’ONU, Ligue des Etats Arabes (LEA), la Conférence Islamique, la Commission de l’Océan Indien et l’Union Européenne, lesquelles ont toutes contribué au règlement pacifique de la crise séparatiste grâce au dialogue inter comorien.
Le Président AZALI a exprimé son émotion et sa satisfaction de voir la conférence de Maurice se tenir à quelques mois de la fin de son mandat présidentiel. Il a ainsi remercié tous ceux qui lui ont fait confiance et témoigné de leur sympathie et solidarité durant les six dernières années qu’il avait la charge de conduire la destinée de son pays.
Revenant sur les différentes péripéties qui ont marqué le processus de la réconciliation nationale, le Président AZALI a déclaré qu’il avait toujours préféré le dialogue à la confrontation tout en sachant que le chemin serait long et semé d’embûches.  
L’heure est à la réconciliation nationale, un autre défi à relever demandant que tous les comoriens soient mobilisés pour gagner la bataille du développement grâce au soutient déterminant des amis des Comores et de toute la communauté internationale. C’est dans cet élan, qu’il a remercié les pays du G7 pour avoir retenu les Comores comme pays devant bénéficier de la réduction de la dette dans le cadre de l’Initiative PPTE.
Il a également rendu hommage à la République française notamment le Président Jacques Chirac, pour son appui personnel auprès des institutions financières internationales avec lesquelles les Comores mènent des négociations prometteuses. Il a expressément remercié la Chine pour sa volonté permanente d’accompagner les Comores dans leur développement.
Terminant son intervention, le Président de l’Union des Comores a lancé un appel solennel à la communauté internationale et à tous les participants à la conférence de Maurice pour qu’ils accordent à l’Union des Comores le soutien nécessaire à la promotion du développement des Comores et à l’amélioration des conditions de vie de tous les comoriens afin d’éviter un retour à l’implosion. La conférence de Maurice est celle de tous les espoirs et augure une ère nouvelle porteuse de stabilité, de progrès et de prospérité.
II.2.3 Allocution de Son Excellence Tuliamini Kalomoh, Secrétaire Général Adjoint de l’ONU chargé des Affaires politiques
Délivrant le message du Secrétaire Général de l’ONU, SEM T. KALOMOH, Sous-secrétaire général aux affaires politiques a tout d’abord adressé les salutations du Secrétaire Général SEM KOFFI ANNAN à tous les dirigeants présents à la conférence ainsi qu’à tous les participants à la conférence des bailleurs de fonds en faveur des Comores. Il a remercié l’Union africaine, l’Afrique du Sud, Maurice ainsi que la Banque Mondiale et l’Union Européenne pour le rôle joué à la préparation et  l’organisation de la dite conférence.
Le message du Secrétaire Général de l’ONU était focalisé sur les efforts consentis par le gouvernement et le peuple comoriens pour matérialiser la réconciliation nationale et se doter des nouvelles institutions dont une nouvelle législation qui prévoit une présidence tournante.
L’Union des Comores est aujourd’hui en mesure d’amorcer une relance économique et une intégration régionale pour tirer profit de la mondialisation. Mais pour ce faire, elle a besoin de l’effort soutenu de la communauté internationale et elle peut être assurée que l’ONU apportera son appui aux efforts menés par les Comores.
II.2.4 Allocution de Son Excellence l’Ambassadeur Said Djennit, Commissaire à la Paix et à la Sécurité à la Commission de l’Union Africaine
Au nom de l’Union Africaine, l’Ambassadeur SAID DJENNIT présenta les salutations du Président Alpha Omar KONARE à la Conférence et ses regrets pour n’avoir pas pu faire le déplacement. Il brossa l’historique de la préparation de cette Conférence et de l’engagement de la Communauté Internationale aux côtés de l’Union Africaine, qui depuis la Conférence inter comorienne de 1997 à Addis Abeba, décida de la nécessité de réunir le moment approprié, une Conférence de Bailleurs de Fonds pour soutenir le processus de réconciliation nationale aux Comores. Remerciant la République de Maurice et son Premier Ministre, Navinchandra  RAMGOOLAM pour les facilités mises en place pour la réussite de ces assises, il exprima la gratitude de l’Union Africaine à la République d’Afrique du Sud et à Maurice, parrains de la Conférence et rendit un hommage appuyé à l’Afrique du Sud et à son Président Thabo MBEKI, pour son engagement en tant que coordonnateur des efforts des pays de la région et de la Troïka de L’union Africaine.
Le Représentant de l’Union  Africaine dressa un tableau complet des étapes franchies avec succès par le processus de réconciliation nationale grâce aux efforts des parties comoriennes avec l’appui de la Communauté Internationale. Il démontra étape par étape les pas franchis et attira l’attention de la Conférence sur la fragilité de l’édifice institutionnel mis laborieusement en place et montra que ce dernier ne suffira pas à lui seul à conforter la dynamique de réconciliation nationale et conclut sur la nécessité de mise en place rapide des mesures d’accompagnement économique et social. Les documents présentés et la mobilisation des acteurs comoriens et partenaires internationaux sont de ce fait de bon augure, car ils sont la preuve que l’espoir est permis quant à la relance des activités économiques et sociales dans l’Archipel des Comores.
II.2.5 Allocution de Son Excellence Madame Claudia Wiedey, Chef de la Délégation de la Commission de l’Union Européenne auprès de la République de Maurice
Au nom de Son excellence Monsieur LOUIS MICHEL commissaire Européen au développement et l’aide Humanitaire, Son Excellence  Madame Claudia WIEDEY, a pris la parole pour adresser ses vives salutations aux différentes délégations et aux participants à cette conférence, et a regretté l’absence de son EM  LOUIS MICHEL pour raison de santé. Ensuite, elle a souligné l’importance que revêt cette conférence qui constitue un jalon pour la consolidation de la réconciliation nationale, base d’un développement économique et social. Par ailleurs, elle a indiqué que le commissaire Européen au développement et l’aide Humanitaire  a apprécié le document de la SCRP pour atteindre les  objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) qui s’articule globalement sur trois domaines d’intervention reconnus prioritaires. Ces domaines sont la bonne gouvernance, la croissance économique et développement du capital humain.
Partant de ces défis à relever, le commissaire Européen au développement et l’aide humanitaire, a brossé un aperçu historique du partenariat privilégié qui existe entre l’Union Européenne et les Comores, depuis les accords de Lomé en passant par Ceux de Cotonou.
Le Commissaire Européen au développement et l’aide Humanitaire, a également souligné l’appui important que son institution  apporte aux Comores, dans les secteurs des infrastructures et communication, développement rural et pêche, microprojets et secteurs sociaux  aux fins de la réduction de la pauvreté.
Dans un même ordre d’idée, le commissaire Européen au développement et l’aide Humanitaire, a terminé son message en  demandant aux Comores de respecter la bonne gouvernance, l’Etat de droit et la stabilité de la démocratie qui sont les fondements d’une nation crédible.    
II.2.6 Allocution de Son Excellence Monsieur Abdelkader MESSAHEL, Ministre Délégué, Représentant de Son Excellence Monsieur Abdelaziz Bouteflika, Président de la République Algérienne
SEM Abdelkader MESSAHEL, Ministre Délégué Chargé des Affaires Africaines et Maghrébines délivra le message de Son Excellence ABDELAZIZ BOUTELFIKAH, Président de la République Algérienne Démocratique et Populaire. Après avoir félicité ceux qui ont contribué à l’organisation et au succès de cette Conférence, en particulier l’Union Africaine, la République d’Afrique du Sud et la République de Maurice ainsi que leurs dirigeants respectifs, le représentant de l’Algérie souligna les progrès réalisés par les Comores depuis l’accord de Fomboni du 17 février 2001 et la crédibilité de ces réalisations dont la mesure est la forte présence de la Communauté Internationale à la Conférence.
Le représentant algérien précisa le sens de sa présence dans cette Conférence, en tant que manifestation de solidarité et d’amitié avec le peuple et le gouvernement comoriens et affirma l’engagement de l’Algérie à prendre part à la réalisation des objectifs fixés par le plan d’action de la SCRP des Comores et de manière particulière dans le domaine du renforcement des capacités.
II.2.7 Allocution de Son Excellence Monsieur Thabo Mbeki, Président de la République d’Afrique du Sud
Prenant la parole en dernier, le Président sud-africain SEM THABO MBEKI, a remercié le Premier Ministre mauricien, le Gouvernement et le peuple mauricien pour la tenue de la conférence et toutes les dispositions prises à cet effet.
Il a également souligné la satisfaction de tous de voir se tenir à Maurice la conférence des bailleurs de Fonds en faveur de l’Union des Comores. De son point de vue, ce que les Comores et le Président AZALI demandent, est très peu. La communauté internationale est en mesure de répondre clairement aux attentes de l’Union des Comores dont la population est d’environ 576 000 habitants.
Les Comores est un petit Etat insulaire et un PMA, il nous présente des documents qui nous démontrent comment le gouvernement souhaiterait assurer la croissance et réduire la pauvreté durant la période 2006-2009.
L’Union des Comores déploie des efforts considérables pour vaincre l’instabilité et le Président AZALI est soucieux de réussir les prochaines élections présidentielles dont l’île autonome de Ndzuwani fournira les candidats. Nous devons créer les conditions nécessaires pour qu’elles aient lieu et qu’elles soient libres et transparentes.
La population des Comores est déterminée à relever les défis et il nous revient de l’aider dans ce sens surtout qu’elle a sollicité un soutien financier qui ne représente presque rien pour la communauté internationale.
Le Président MBEKI a terminé son intervention en renouvelant ses remerciements aux participants et en leur demandant d’être plus généreux pour soutenir les Comores dans leurs efforts à mettre en œuvre la démocratie, la stabilité et à se réconcilier entre elles.
 
 
III. TRAVAUX DE LA CONFERENCE
III.1. Présentation de la Stratégie de Croissance et de Réduction de la Pauvreté par SE Mr Maoulana Charif, Ministre de l’Economie et du Commerce Extérieur.
L’exposé du Ministre de l’Economie et du Commerce Extérieur a porté sur la Stratégie de Croissance et de Réduction de la Pauvreté de l’Union des Comores.
Dans un premier temps, le Ministre a décrit  le contexte socio-économique difficile du pays.
L’Union des Comores a en effet connu une  croissance négative du revenu par habitant, en termes réels, qui s’est établie à -1,3% entre  1990 et 2004 associé à une baisse du ratio de l’investissement et une réduction considérable de l’aide publique au développement qui est passée de 146 $US par habitant à moins de 25 US$.
Au même moment les exportations des principaux produits de rente ont subi une chute considérable,  en raison des fluctuations des prix sur le marché international.
Cette situation a  engendré une dégradation des conditions de vie des comoriens et donc une augmentation de la pauvreté avec les problématiques suivantes :
•    Une sous scolarisation importante des enfants comoriens avec une situation défavorable pour les filles qui s’accroît avec le niveau d’instruction ;
•    Un enseignement de qualité insuffisante ;
•    Un faible taux d’alphabétisation des adultes de 15 ans et plus qui s’établit à seulement 56,5% ;
•    Des taux élevés de malnutrition des enfants avec des taux de retard de croissance, d’émaciation et d’insuffisance pondérale respectivement de 44,0%, 7,9% et 24,9% ;
•    Une situation sanitaire précaire avec la persistance de maladies endémiques comme le paludisme qui touche 35 % de la population ;
•    Les arriérés de paiement intérieurs et extérieurs s’élèvent respectivement à 52 millions $US et 78 millions $US ;
•    La dette extérieure est passée  de 185 millions $US en 1990 à 264 millions $US en 2004, ce qui représente 71% du PIB et 520% des recettes d’exportation ;
•    Des déséquilibres macro-économiques persistants.
Il a aussi souligné le fait que la  crise économique et financière profonde a non seulement engendré une régression du niveau de vie de la population, un accroissement de la pauvreté et une détérioration des infrastructures  économiques et sociales de base mais a grandement contribué à la crise politique qui a secoué le pays, au cours de ces  dernières années.
Les remèdes qui ont été identifiés par les autorités comoriennes sont :
•    la relance d’urgence du processus de croissance ;
•    le renforcement de la politique de redistribution en faveur des groupes les moins favorisés ;
•    la lutte avec détermination contre les causes profondes de la pauvreté ;
•    la relance du  secteur privé dans les domaines prioritaires, notamment l’agriculture, la pêche, l’élevage et le tourisme ;
•    le renforcement de  la bonne gouvernance et la promotion du développement du capital humain.
 Les Comores ont donc élaboré une stratégie de croissance et de réduction de la pauvreté en adoptant une démarche à la fois :
•    participative, dans la mesure où tous les acteurs de l’administration , de la société civile et du secteur privé ont été associés dans la définition de la stratégie de relance de l’économie et la lutte contre la pauvreté ;
•    progressive puisqu’elle a mis l’accent sur le dialogue et les échanges effectués à travers plusieurs ateliers  régionaux et nationaux et le document a été actualisé au fur et à mesure de la disponibilité des données; et
•    transversale, étant donné qu’elle assure une forte intégration de l’environnement macro-économique et des politiques sectorielles, afin de mieux saisir les dimensions qui caractérisent la pauvreté.
Cette stratégie établie pour la période 2006 – 2015  repose sur  les sept axes stratégies suivants :
•    Axe stratégique 1 : Créer les conditions d’un développement économique durable ;
•    Axe stratégique 2 : Relancer le secteur privé en mettant l’emphase sur les secteurs porteurs ;
•    Axe stratégique 3 : Renforcer la gouvernance et la justice ;
•    Axe stratégique 4 : Améliorer l’état sanitaire de la population ;
•    Axe stratégique 5 : Promouvoir l’éducation et la formation professionnelle en vue d’améliorer le capital humain ;
•    Axe stratégique 6 : Promouvoir un environnement sain et garantir la durabilité du développement ;
•    Axe stratégique 7 : Renforcer la sécurité et la lutte contre le terrorisme ;
A travers la mise en œuvre de la SCRP,  le gouvernement vise à:
•    favoriser une croissance économique forte supérieure à 5% par année;
•    réduire la pauvreté de 50% à l’horizon 2015;
•    atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement en 2015.

III.2. Présentation du Plan d’action 2006 – 2009 de la SCRP par M. Younoussa Imani  Commissaire Général au Plan de l’Union des Comores.
Le Commissaire général au Plan a ensuite présenté le plan d’action 2006 – 2009 comme un ensemble de 35 programmes prioritaires pour les quatre prochaines années pour opérationnaliser la Stratégie de Croissance et de Réduction de la Pauvreté adopté pour la période 2006- 2015.
Les 35 programmes prioritaires sont regroupés au sein de sept axes stratégiques. Chaque programme comprend des interventions et pour chaque intervention des cibles et des résultats ont été fixés.
Le budget indiquant les ressources nécessaires à la mise en œuvre de ce plan d’action a été élaboré en distinguant les ressources nationales et les besoins de financement extérieur.
Les trois orientations stratégiques de ce Plan d’action sont :
•    jeter les bases de la croissance par l’amélioration de l’environnement macro économique, juridique, la gouvernance et en mettant en place les infrastructures de base.
•    concourir à  la promotion du  secteur privé à travers la valorisation des secteurs potentiels ;
•    concourir à valoriser le capital humain et à assurer un service social de base.
 
III.2.1. Programmes de l’axe stratégique 1 : Création des conditions d’un développement économique durable
Les trois programmes de cet axe concernent la réforme des finances publiques et de la Fonction Publique, le développement des routes, ports, aéroports ainsi que les infrastructures de communication ; et la relance du secteur de l’énergie.
Il s’agit des programmes suivants :
1.    Programme prioritaire 1 : Amélioration du fonctionnement de l’État et des finances publiques pour un montant de 40 356 129 $ dont   37 703 226   $ à rechercher.     
2.    Programme prioritaire 2 : Approvisionnement régulier des ménages et des entreprises en énergie à faible coût pour un montant de  43 383 5548 $ dont  39 780 645 $ à rechercher.
3.    Programme prioritaire 3 : Développement et réhabilitation des infrastructures économiques et des services de communication de base pour un montant de 114 877 419  $ dont  90 949 677 $ à rechercher.     
III.2.2. Programmes de l’axe 2 : La relance du secteur privé en mettant l’emphase sur les secteurs porteurs
Cet axe concerne la promotion des secteurs porteurs à savoir: Agriculture, Pêche, Élevage, Tourisme, et les autres secteurs privés, incluant le secteur financier.
Neuf programmes prioritaires ont été retenus dans les 3 sous secteurs:
Sous-secteur Agriculture
1.    Programme prioritaire 1: Appui à la restructuration et à la consolidation du patrimoine foncier.     
2.    Programme prioritaire 2: Appui à la création d’un environnement favorable au développement du secteur agricole
3.    Programme prioritaire 3: Relance de la production agricole et agroalimentaire.
Le financement de ces trois programmes de ce sous secteur nécessite la mobilisation d’un montant de 11 545 806  $ dont 11 385 806 $  à rechercher.        
Sous-secteur  Pêche
1.    Programme prioritaire 1: Création d’un environnement favorable au développement harmonieux du secteur ;
2.    Programme prioritaire 2: Développement de la pêche ;
3.    Programme prioritaire 3: Amélioration du système de conservation, de transformation et de commercialisation des produits halieutiques    
Le financement de ces trois programmes du sous secteur « Pêche » nécessite la mobilisation d’un montant de 13 806 545 à rechercher en totalité.
Sous-secteur Élevage
Programme prioritaire 1: Protection du cheptel animal de production contre les maladies infectieuses exotiques et intensification des filières de productions animales pour un montant de 8 441 290 $ dont 8 415 484  $ à rechercher.    

Secteur Tourisme    
Programme prioritaire 1: Appui au développement touristique pour un montant de 9 584 516 $ à rechercher en totalité.     
Autres Secteurs Privés    
Programme prioritaire 1 : Promotion du secteur privé un montant de 14 005 161 $ à rechercher en totalité.     
III.2.3. Programmes de l’axe stratégique 3 : Renforcement de la gouvernance et la justice
A travers ces programmes, le Gouvernement va consolider les institutions nationales, améliorer la gouvernance et l’efficacité des institutions constitutionnelles et garantir un accès à une justice équitable à tous les citoyens.
Quatre programmes prioritaires ont été retenus pour un montant de 9 584 516 $.
1.    Programme prioritaire 1 : Renforcement de la réconciliation nationale et mise en œuvre des institutions constitutionnelles.
2.    Programme prioritaire 2 : Promouvoir la lutte contre la corruption et améliorer la transparence dans la gestion des affaires publiques.    
3.    Programme prioritaires 3 : Rendre effective et efficace la décentralisation    
4.    Programme prioritaire 4 : Renforcer les capacités et la crédibilité de la justice    
III.2.4. Programmes de l’axe stratégique  4 : Amélioration de l’état sanitaire de la population
Le gouvernement concentrera ses efforts sur la lutte contre les maladies prioritaires, l’amélioration de la santé maternelle, la prévention en matière d’IST et VIH/SIDA, et l’amélioration de la gestion du système de santé.
Quatre programmes prioritaires ont été retenus pour un montant total de 29 419 355 $ :
1.    Programme prioritaire 1 : Lutte contre les maladies prioritaires.    
2.    Programme prioritaire 2 : Développement intégré de la santé reproductive/planification familiale (SR/PF) dans les formations sanitaires périphériques    
3.    Programme prioritaire 3 : Lutte contre le VIH/SIDA et les infections sexuellement transmissibles    
4.    Programme prioritaire 4 : Renforcement de l’efficacité et l’efficience du système de santé
III.2.5. Programmes de l’axe stratégique 5 : Promotion de l’éducation et de la formation professionnelle en vue d’améliorer le capital humain
Les six programmes de cet axe visent  à consolider le développement du secteur de l’éducation et de la formation professionnelle de manière à produire une société éduquée, capable de saisir les opportunités économiques et socialement responsable.
Six programmes prioritaires ont été retenus  pour un montant de 35 649 032 $ dont 14 441 290 $ à rechercher :

1.    Programme prioritaire 1 : Amélioration de l’accès des enfants de 3 à 5 ans à l’éducation adaptée    
2.    Programme prioritaire 2 : Amélioration de la qualité de l’éducation élémentaire et développement de l’enseignement secondaire     
3.    Programme prioritaire 3 : Promotion et diversification de l’enseignement technique et la formation professionnelle    
4.    Programme prioritaire 4 : Renforcement de l’enseignement supérieur et de la recherche    
5.    Programme prioritaire 5 : Alphabétisation et promotion des jeunes et des adultes    
6.    Programme prioritaire 6 : Renforcement des capacités institutionnelles de gestion et de planification de l’éducation    
III.2.6. Programmes de l’axe stratégique 6 : Promotion d’un environnement sain pour la durabilité du développement
Cet axe revêt un intérêt particulier aux Comores car les questions environnementales et l’accès à l’eau potable affectent toutes les activités économiques aux Comores et ont une incidence directe sur la qualité de vie et les conditions sanitaires de la population.
Six programmes prioritaires ont été retenus pour un montant total de 48 665 806 $ dont 41 801 290 $ à rechercher:
1.    Programme prioritaire 1 : Conservation des ressources naturelles et développement des activités stimulées par la richesse de la faune et de la flore des Comores.    
2.    Programme prioritaire 2 : Maintien d’un sol fertile, restauration des sols dégradés et gestion durable des ressources forestières    
3.    Programme prioritaire 3 : Mise en place d’un mécanisme de financement  durable pour l’environnement    
4.    Programme prioritaire 4 : Mise en application d’une politique de gestion intégrée des zones côtières    
5.    Programme prioritaire 5 : Assainissement des zones urbaines    
6.    Programme prioritaire 6 :   Accroissement du taux de couverture en eau, et assurer la préservation et la gestion durable de la ressource

III.2.7. Programmes de l’axe stratégique 7 : Renforcement de la sécurité et lutte contre le terrorisme
Les programmes de cet axe  visent  à assurer la sécurité des biens et des personnes et à lutter contre le terrorisme pour consolider la paix et la stabilité.
Trois  programmes prioritaires ont été retenus pour un montant de 13 120 000 $ dont 10 583 226 $ à rechercher :
1.    Programme prioritaire 1 : Lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale.    
2.    Programme prioritaire 2 : Renforcement de la sécurité des biens et des personnes    
3.    Programme prioritaire 3 : Amélioration de la sécurité civile    
Les ressources financières requises pour financer l’ensemble des programmes du Plan d’Action des 4 prochaines années sont estimées à 400 millions de $ soit 155 milliards de FC  (315 millions d’Euros).
Le Commissaire général au Plan a également soulevé les défis qui se présentent pour la mise en œuvre du Plan d’action à savoir :
-    Le niveau de ressources financières recherchées qui est supérieur au niveau actuel;
-    La nécessité de procéder à un  renforcement des capacités de l’administration dans les domaines de la planification opérationnelle, de la mise en œuvre, du suivi d’exécution et de l’évaluation des programmes et projets.
-    La difficulté à le mettre en œuvre  dans le contexte sociopolitique et économique particulier dans lequel se trouve le pays, notamment la dégradation avancée des infrastructures économiques et sociales, et la baisse continuelle du revenu réel par habitant depuis le début de la crise des années 90.
III.3. Résumé des interventions des partenaires techniques au développement
La présentation du Plan d’action a été suivie dans un premier temps par des interventions des principaux partenaires techniques au développement des Comores à savoir le Fonds Monétaire International, la Banque Mondiale et le PNUD et par plusieurs manifestations des pays et organismes amis de l’Union des Comores.
III.3.1. Intervention du représentant du Fond Monétaire International
Le FMI représenté par Monsieur Thomas KRUEGER, Conseiller principal pour le département Afrique, a d’abord salué les progrés accomplis par les autorités comoriennes dans le sens de la reconciliation nationale.
Il a souligné également les progrès macro-économiques réalisés en 2005 malgré le contexte politique difficlile et la conjoncture internationale.
Selon lui, d’importants progrès ont été accomplis dans le cadre de référence, des mesures importantes ont été prises en termes de maitrise des dépenses publiques et d’amélioration des recettes mais ces mesures restent encore insuffusantes pour relancer la croissance.
Il a par la suite  apprécié la stratégie intérimaire de croissance élaborée de maniére participative par l’Union des Comores et qui définit des objectifs clairs ainsi que le Plan d’action 2006 – 2009.
Il souligne cependant qu’il faudra dans l’avenir établir les priorités importantes en tenant compte de leurs avantges sociaux potentiels et des contraintes de capacités.
Le FMI  entend donc poursuivre son appui technique et ses conseils aux autorités comoriennes et étudier les moyens rapides et importants pour que l’Union des Comores puisse négocier une FRPC avant fin 2006.
III.3.2.  Intervention du représentant de la Banque Mondiale
La Banque Mondiale, représentée par Monsieur James Bond, Directeur des opérations, a remercié les partenaires et les autorités des Comores pour leur leadership dans l’organisation de cet évènement.
Il a également félicité les Comores pour les efforts accomplis dans la normalisation politique et pour la qualité du Document de Stratégie de Croissance et de réduction de la pauvreté.
La Banque mondiale estime en effet que le document constitue une base solide sur lequel les partenaires peuvent articuler leur aide de maniére coordonnée et harmonisée.
Il a noté cependant le caractère quelque peu ambitieux du Plan d’action, eu égard aux faibles capacités de mise en œuvre et d’absoprtion des Comores.
Il a donc encouragé les autorités comoriennes à prioriser davantage les actions, à renforcer les systèmes de suivi budgétaire et des indicateurs sociaux et à détailler davantage les mécanismes de partenariat public – privé.  
III.3.3.  Intervention du Représentant du Programme des Nations Unies pour le développement
Le PNUD représenté par  Madame Elizabeth LWANGA, Directeur adjoint du Bureau régional Afrique du PNUD, a dans un premier temps apprécié la mobilisation des autorités de l’Union des Comores dans la préparation de la conférence notament dans l’élaboration d’une documentation technique de qualité ( DSRP, Plan d’action) qui  relève les contraintes et les priorités du pays.
Le PNUD a rendu hommage aux partenaires de l’Union des Comores pour leur intérêt et engagement renouvelés à accompagner le pays dans ses efforts de développment dans un contexte international et environnemental difficile, comme le montre leur peésence à la conférence.
Après avoir  montré le rôle important que le PNUD a joué dans la préparation de la documentatioon technique de la conférence et sa détermination à accompagner le pays dans ses efforts pour atteindre les Objectifs du millénaire, elle a renouvelé l’engagement du PNUD à apporter son soutien pour une meilleure efficience et coordination de l’utilisation de l’assistance technique et des ressources particulièrement dans le domaine de la gouvernance, de la réduction de la pauvreté et  de l’environnement, en droite ligne avec les priorités identifiés dans le plan d’action 2006-2009.
Dans le cadre du suivi de la conférence, le PNUD s’est proposé d’assister le gouvernement et ses partenaires dans la formulation des programmes et dans la détermination des mécanismes de mise en œuvre pertinentes.

III.4. Synthèse des interventions des autres bailleurs de fonds et partenaires au développement
III.4.1. Intervention de la France
L’émissaire du Président français, l’ancien ministre de la Coopération Pierre-André WILTZER, a rendu hommage à la République de Maurice et à l’Afrique du Sud, et  salué les efforts des Comoriens pour la réussite de la réconciliation nationale.
Il a appelé la communauté internationale à encourager le gouvernement à poursuivre les réformes engagées, pour conforter le processus de réconciliation nationale, aujourd’hui parvenu à un moment crucial.
Il a formulé la satisfaction de la France à propos de la mise en place d’un programme de référence (SMP) avec le FMI et a montré la détermination de son pays  à appuyer les autorités comoriennes à mettre en place un programme de réformes économiques.
La France se propose ainsi de consentir en faveur du redressement économique un effort global de 65 millions d’Euros dont l’affectation s’inscrira parfaitement dans la SCRP de l’Union des Comores notamment dans le secteur du développement rural, la santé et le secteur productif.
La France a également rappelé les engagements qu’elle a pris pour les Comores notamment dans le secteur du développement rural, la réhabilitation de l’aéroport international et la mobilisation de la diaspora pour le  co-développement.   
III.4.2. Intervention de la Banque Africaine de Développement (BAD)
La Banque Africaine de Développement a dans un premier temps apprécié l'évolution intervenue au sein des institutions des Comores qui doit être consolidée dans le sens d'une meilleure participation de toutes ses entités à la gestion des affaires publiques.
Elle a également, au même titre que les autres bailleurs de Fonds, salué les efforts fournis pour réaliser d'une manière participative le document de stratégie de croissance et de réduction de la pauvreté et a réitéré le soutien constant du Groupe de la Banque Africaine de Développement aux actions que mène le Gouvernement des Comores pour relancer la croissance économique, renforcer la bonne gouvernance et par suite améliorer le bien être du peuple comorien.
La Banque Africaine de Développement qui a accordé un intérêt particulier aux efforts de développement du Gouvernement Comorien, montre qu’il poursuivra son soutien à toute initiative qui s'inscrirait  dans le cadre de sa vision par l’élaboration  d’une note de dialogue.
Ce document définira l'orientation de la stratégie de la BAD et déterminera les secteurs de concentration qui pourraient être retenus dans le cadre du FAD pour la période 2005-2007 et donnera également l'occasion de discuter des options possibles pour un règlement des arriérés du pays vis-à-vis du Groupe de la Banque.
III.4.3. Intervention des autres partenaires de l’Union des Comores
D’autres partenaires privilégiiés des Comores dont La Chine,  l’Egypte, le Kenya, le Quatar, l’Inde, les Etats-Unis d’Amérique,  l’Arabie Saoudite, le Soudan, Ligue des Etats Arabes, se sont également prononcés. Ils ont pris l’engagement de poursuivre la coopération avec l’Union des Comores et d’étudier les moyens de la renforcer davantage dans le sens des orientations stratégiques arrétées par l’Union des Comores.  
III.4.4. Déclaration commune des agences du système des Nations Unies en Union des Comores
Après avoir apprécié les efforts exemplaires déployés par les autorités comoriennes pour le redressement et le développement de leur pays, les agences des Nations Unies en Union des Comores, ont affirmé leur adhésion  aux options stratégiques de développement du pays contenues dans le document de stratégie de croissance et de réduction de la pauvreté et ont assuré de leur ferme soutien au plan d'action pour la période 2006-2009.
Le Système des Nations Unies, à travers ses  agences qui agissent déjà collectivement et individuellement pour aider l'Union des Comores à relever ces défis notamment dans les domaines de la santé, de l'éducation, de l'environnement, de la lutte contre la pauvreté et de la gouvernance, se propose donc d’intervenir au niveau de tous les axes en poursuivant son assistance technique et financière aux structures impliquées.

III.5. Synthèse des annonces des contributions financières  
3.5.1  - L’Afrique du Sud a annoncé un appui budgétaire de 10 millions de Rands au cours de l’année fiscale 2006. L’Afrique du Sud appuiera l’evaluation des besoins des secteurs du tourisme, de l’agriculture, du renforcement des institutions et des organisations judiciaires, de la réforme des finances publiques, de la politique budgetaire, de l’audit, de la douane et des systèmes de taxation, ainsi que le renforcement des capacités en matière de securité pour l’organisation des élections en 2006.
3.5.2 - La France envisage de consentir en faveur du redressement des Comores un montant de 65 millions d’Euros sur la periode 2006-2009, integralement sous forme de dons sur trois secteurs prioritaires: le développement agricole, la santé et le secteur productif créateur d’emploi.
3.5.3 - La Banque Mondiale indique que les Comores sont éligibles à une aide additionelle de resources IDA de 10 millions de dollars en dons pour les deux prochaines années.

3.5.4 -  Le PNUD a renouvelé son engagement à apporter son soutien à la préparation du DSCRP, le plan d’action et le programme d’investissement public comme cadre approprié pour atteindre les objectifs du millénaire.  
3.5.5 - Les autres agences du Système des Nations Unies accreditées aux Comores (FAO, ILO, ONUDI, UNFPA, UNESCO, UNICEF, WHO et UNAIDS) apporteront un appui technique et financier.  Ces agences se sont engagées à repondre de manière pertinente aux priorités presentées par les Comores dans le cadre de la Conférence.
3.5.6 - Le FMI continuera à apporter des conseils et un appui technique aux autorités comoriennes.
3.5.7 – L’UE a indiqué que ses programmes aux Comores représentent une envelope de 37 millions d’Euros de subvention entre 2006 et 2010 avec une prévision d’une allocation supplémentaire en 2008.
3.5.8 - La Chine a réaffirmé son engagement à renforcer sa coopération bilatérale avec les Comores et s’engage à poursuivre la réalisation de l’extension de l’aeroport international de Moroni et la fourniture des équipements pour la protection civile.  Elle annonce des préférences tarifaires pour certaines marchandises comoriennes et l’effacement de la totalité des prêts qu’elle a consentis aux Comores.  Elle envisage d’inscrire dans le cadre du 11e plan quinquennal, une période qui coincide avec la durée du Plan d’Action du Gouvernement comorien, d’autres projets de développement au profit des Comores.
3.5.9 - Le Gouvernement Americain a annoncé une assistance de 2,6 millions de dollars en 2006 en matière de formation des formateurs de developpement communautaires et securité nationale.
3.5.10 - Le Gouvernement Indien a annoncé une assistance d’un million de dollars qui sera utilisée dans la mise en place d’un Centre de Formation Professionnelle ainsi qu’une assistance dans les domaines de la Technologie de l’Information et de la Communication, des élections et de la Formation.
3.5.11- La Ligue des Etats Arabes, additionellement à son programme d’electrification de 4 millions de dollars, a mobilisé un million de dollars pour les projets inscrits au Plan d’action 2006-2009 et s’est engagée à sensibiliser les Etats Arabes pour le financement du plan de développement de l’Union des Comores.
3.5.12- L’Autorité Arabe pour l’Investissement et le Développement Agricole a annoncé un million de dollars pour renforcer la recherche appliquée et l’extension agricole.
3.5.13- L’Algérie a annoncé dans le cadre du renforcement des capacités de developpement humain la prise en charge de la formation de formateurs, la mise à disposition du gouvernement comorien de manuels scolaires, la formation dans le domaine de la police et des magistrats ainsi que l’augmentation du quota de bourses annuellement accordées au gouvernement Comorien.
3.5.14- L’Egypte a annoncé une contribution de plus de 26 millions de livres égyptiennes repartis comme suit :
•    12 millions de livres soit 2 millions de dollars pour le secteur santé dont 10 millions de livres égyptiennes pour la construction d’une clinique médicale à Moroni avec des équipements et des médecins égyptiens et 150,000 livres destinées à l’envoie aux Comores d’une équipe médicale composée de medecins et de chirurgiens avec des equipements egyptiens pour traiter les urgences et les cas critiques ;
•    10 millions de livres comme aide alimentaire et don médical ;
•    2 millions de livres pour le déploiement d’experts necessaire à la mise en œuvre du Programme des stratégies pour la croissance et la réduction de la pauvreté ;
•    1,5 millions de livres en tant que bourses d’études en faveur des étudiants comoriens ; et
•    1 million de livres destiné à la formation relative au secteur mentionné dans le Programme des stratégies pour la croissance et la réduction de la pauvreté.

3.5.15 - Le Qatar a annoncé une contribution de 1,5 millions de dollars et un effacement de la dette comorienne.
3.5.16 - La Banque Africaine de Développement (BAD) a annoncé une contribution de 5,1 Unités de compte équivalant à 7 millions de dollars et un allègement de la dette.
3.5.17- L’Arabie Saoudite a souligné son engagement à apporter son assistance au processus de reconciliation nationale.
3.5.18- Des partenaires comme le Sudan et le Kenya ont également marqué une disponibilité à soutenir le processus ainsi que d’autres organisations (ISESCO-AFRICARE).
 
IV. CEREMONIE DE CLOTURE
IV.1. Présentation de la cérémonie
Elle a débuté avec la lecture du rapport général présenté par l’Ambassadeur DJENNIT. Ce rapport a décrit le contexte politique comorien caractérisé par la double crise séparatiste et institutionnelle et le processus de réconciliation nationale qui a permis la mise en place du nouvel ensemble comorien.
Dans un deuxième point, le rapport relate le déroulement de la Conférence de Maurice  avec les différentes phases allant de la cérémonie d’ouverture, aux exposés des documents présentés par la délégation comorienne, à savoir la stratégie de croissance et son plan d’action.
 L’enveloppe budgétaire globale est évaluée à 333 millions d’euros dont 66 millions d’euros acquis et 266 millions d’euros à rechercher.
La 3ème partie du rapport est réservée aux annonces de contributions des Etats et Organisations (voir liste des contributions en annexe). L’ensemble des annonces est estimé à 200 millions de dollars.
La dernière partie évoque les perspectives de l’après Conférence, lesquelles sont prometteuses. La Communauté Internationale a salué et encouragé l’Union des Comores à poursuivre ses progrès dans le cadre du processus de réconciliation nationale. Elle a également insisté sur la  tenue du scrutin Présidentiel aux Comores en Avril 2006. Et pour ce faire, toutes les parties comoriennes sont concernées pour la crédibilité des élections.
La deuxième partie de la cérémonie de clôture a porté sur le discours du Président de l’Union des Comores
IV.2. Résumé des Allocutions de Clôture
IV.2.1. Allocution de Son Excellence Monsieur Azali Assoumani, Président de l’Union des Comores
Dans son discours de clôture, SEM Monsieur AZALI Assoumani,  Président  de l’Union des Comores, a réitéré ses salutations à tous les participants à cette conférence, et a exprimé la gratitude du peule comorien à travers son Gouvernement, une mention spéciale au Premier Ministre Mauricien et au peuple de Maurice pour l’hospitalité et l’accueil chaleureux dont ont fait l’objet toutes les délégations à la Conférence des Bailleurs de Fonds en faveur de l’Union des Comores.
Le Chef de l’Etat comorien a rappelé que cette conférence confirme l’engagement de la communauté internationale à l’endroit des Comores pour soutenir la réconciliation  nationale et  son élan de développement. Le chef de l’Etat a salué une fois de plus les efforts du continent africain inspiré par la personnalité du Président MANDELA, et il a adressé des salutations particulières à son   homologue, frère et Ami le président THABO MBEKI.
  Pour terminer son discours, SEM Monsieur AZALI Assoumani, a renouvelé sa gratitude et celle du peuple comorien à toute la communauté internationale.  
        
Allocution de clôture de Son Excellence Monsieur Thabo Mbéki, Président de la République d’Afrique du Sud
Dans son discours de clôture de la conférence, le Président Thabo Mbéki a une fois de plus remercié tous les participants pour la clarté de leurs interventions et la disponibilité affichée par tous les pays et organisations présents, à accompagner les Comores dans leur combat contre la pauvreté. Il a souligné par ailleurs que les annonces de contribution faites lors de cette conférence marquent le début d’un processus et il reste persuadé que d’autres partenaires vont encore se manifester en faveur du financement de ce plan d’action 2006 – 2009.
Il a renouvelé à cet effet, la détermination de l’Union Africaine à s’investir pour une mobilisation de fonds supplémentaires. Il exhorte ensuite toute la communauté internationale à prêter une oreille attentive aux sollicitations de l’Union des Comores en vue de consolider la réconciliation nationale, l’unité et la stabilité retrouvées, gages d’un développement économique et social durable. Il a enfin demandé aux autorités comoriennes de poursuivre les efforts consentis dans la recherche effrénée d’une paix durable et la mise en œuvre de ce plan d’action pour sortir le pays des vicissitudes du sous – développement.        
 
V. LES PERSPECTIVES
La Conférence de Maurice a permis à l’Union des Comores de pouvoir bénéficier d’un financement de son plan d’action 2006 – 2009 à hauteur de 66% des besoins exprimés. Mais au-delà des annonces de contributions faites, c’est aussi une crédibilité internationale retrouvée pour le pays et les engagements des partenaires des Comores représentent des signaux qui redonnent espoir à la population comorienne en quête d’une amélioration de ses conditions de vie.  
La communauté internationale a en effet salué les progrès accomplis aux Comores dans le cadre du processus de réconciliation nationale. Elle a ainsi montré sa disponibilité totale à accompagner les efforts du peuple Comorien, à travers la mise en oeuvre de sa stratégie de croissance et de réduction de la pauvreté, afin d’améliorer les conditions de vie de la population et permettre au pays de s’inscrire dans la dynamique de réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement.

V.1. Historique récent
Les Comores viennent de sortir d’une crise institutionnelle qui a affecté la population entière par le ralentissement des activités économiques et par la baisse tendancielle et continue de l’aide Publique au Développement.
La normalisation constitutionnelle et la mise en place de toutes les institutions issues de la nouvelle constitution ont permis à l’Union des Comores de retrouver sa crédibilité au niveau international. Néanmoins, la paix retrouvée demeure fragile; les nouvelles institutions sont coûteuses, difficilement supportables par les seules ressources de l’Etat. La Communauté des bailleurs avait accordé un financement d’urgence pour appuyer, entre autres, la mise en place et l’opérationnalisation des nouvelles institutions au travers de la mise en place d’un fonds fiduciaire qui a été géré par le PNUD.
Deux défis majeurs sont à  relever :
    Comment préserver la paix retrouvée par la pérennisation des actions des nouvelles institutions avec des ressources limitées ?
    Comment répondre aux besoins pressants de la population en matière de développement économique et social dans un environnement économique défavorable ?
Ces défis ont fortement influencé les priorités du Plan d’Action 2006 – 2009 du DSRP. Un plan d’action regroupant 35 programmes prioritaires répartis sur sept axes stratégiques et qui rassemblent l’ensemble des préoccupations actuelles du pays en matière de développement économique et social.  

V.2. Les acquis de la Conférence de Maurice et perspectives
La Conférence des bailleurs de fonds en faveur des Comores tenue à Maurice a permis de réaliser les résultats suivants:
    La relance de la coopération au développement des Comores avec ses partenaires traditionnels et l’émergence des nouveaux partenaires pour le pays.
    La mobilisation de ressources en faveur du Plan d’action 2006 – 2009 dont l’objectif essentiel est la réduction de la pauvreté et la promotion de la croissance.
Sur le plan coopération au développement, le nombre important de partenaires mobilisés à travers cette conférence et ayant répondu présents à Maurice laisse présager un avenir meilleur pour le futur du développement économique du pays. Au total 21 pays et 29 organisations étaient présents. Onze pays et quatorze organisations ont annoncé des contributions, et d’autres ont promis des contributions futures. Cette nouvelle configuration du paysage de la coopération au développement de l’Union des Comores nécessite des dispositions particulières de la part des autorités comoriennes en vue de capitaliser et de consolider la coopération retrouvée entre l’Union des Comores et la communauté des bailleurs. Un maintien du contact avec l’ensemble des pays et organisations présents à Maurice est nécessaire pour permettre aux Comores de pouvoir élargir et diversifier ses partenaires au développement. Dans cette perspective, le système national de  coordination de l’aide doit être restructurée et renforcée pour pouvoir répondre à cette nouvelle donne. Au niveau des bailleurs des Fonds, une réflexion sur un forum leur permettant de se retrouver périodiquement pour une meilleure coordination et une harmonisation des interventions devient une priorité.
Le Plan d’action 2006 – 2009 requiert 155 milliards de FC, soit 388 millions de $. Les annonces faites à Maurice sont estimées à 200 millions de $. Si on rajoute à celles ci les montants initialement acquis à travers les programmes en cours et futurs, on estime actuellement à environ 265 millions de $ le montant total acquis pour le Plan d’Action 2006 – 2009. Ce montant représente 68% du total recherché. Il est à noter que la périodicité des annonces faites à Maurice varie d’un partenaire à un autre. Elle est fonction souvent des périodes habituelles de programmation de l’aide que les donateurs se fixent chacun suivant ses propres procédures. Ainsi la périodicité des contributions au Plan d’action annoncées à Maurice varient d’une année à quatre années suivant les donateurs. Le travail de programmation doit désormais tenir compte des facteurs « période d’annonce et perspectives futures» pour mieux estimer la couverture financière de la période du  Plan d’Action. Dans le cadre de suivi, il sera demandé à chacun des donateurs, des éléments de précision sur la période d’intervention et les perspectives futures couvrant la période du Plan d’Action.
Sur la totalité des contributions annoncées, plus de 99% correspondent à des dons. Il s’agit ici, d’un changement de la structure de l’Aide au développement au sein de laquelle, dans un passé encore récent (les cinq dernières années), l’emprunt représentait entre 35% et 40%. 40% des financements acquis à Maurice proviennent de la France, qui redevient ainsi le premier partenaire des Comores en matière de coopération au développement.
Au sujet de la couverture de la totalité des 35 programmes prioritaires, le bilan exact sera disponible dès que certaines précisons et clarifications seront obtenues des différents partenaires. En général, on note une forte contribution en faveur des secteurs sociaux (Santé et Education) et une faiblesse des annonces dans les secteurs des infrastructures. Un travail de redimensionnement sera utile pour permettre une mise en œuvre efficace du Plan d’action afin d’une affectation rationnelle dans les objectifs spécifiques déjà définis. Cela est d’autant plus justifié que l’on se rappelle que 50% de la demande de financement concernait l’axe stratégique N°1 de la SCRP «créer les conditions d’un développement économique durable». Il sera nécessaire d’approcher les partenaires n’ayant pas spécifié de secteurs d’affectation de leurs contributions annoncées, afin de négocier la possibilité d’affecter les montants annoncés aux secteurs sous financés.  
A la question, de qu’est ce qui va changer aux Comores, après la Conférence des bailleurs de Maurice ? Il est tôt de pouvoir répondre avec certitude, mais le moins qu’on puisse dire est qu’une mise en œuvre efficace du Plan d’Action permettra d’assurer le développement humain durable du pays.
Il est à rappeler que le plan d’action 2006 – 2009 vise essentiellement à améliorer les conditions de vie de la population  à travers un double objectif : renouer avec une croissance économique forte et améliorer les conditions de vie de la population.
La stratégie adoptée pour la croissance économique repose sur une approche mixte: Accroître les revenus dans les secteurs à forte concentration de pauvres et promouvoir la croissance dans les secteurs porteurs.
Le tourisme est retenu comme vecteur de croissance, en ce sens que son développement aura des effets d’entraînement importants dans d’autres secteurs d’activités. Le Plan d’action a prévu un programme d’appui au développement touristique à travers des actions en faveur de la promotion touristique. L’Afrique du Sud a émis le souhait d’aider les Comores à développer ce secteur.
Le Plan d’action a par ailleurs identifié sept programmes prioritaires en faveur du développement des secteurs de concentration des pauvres (Agriculture, pêche et élevage). La France a annoncé une importante contribution financière dans ce secteur et qui couvrira une grande partie des besoins exprimés pour les quatre prochaines années. L’Autorité Arabe pour l’Investissement et le Développement Agricole et l’Afrique du Sud ont aussi annoncé un soutien à ce secteur.
La stratégie adoptée pour améliorer les services sociaux pour population repose sur le renforcement du capital humain d’une part et l’accès aux soins de santé de base d’autre part. La pauvreté n’est pas seulement due à la faiblesse des revenus, elle est aussi humaine. C’est pourquoi, le Gouvernement a émis le souhait dans son plan d’action d’assurer une éducation de qualité à tous les comoriennes et comoriens afin qu’ils soient en mesure de s’épanouir personnellement et professionnellement. Le secteur éducatif a un rôle stratégique à jouer dans cette perspective  à travers une formation de qualité correspondant aux besoins actuels du développement du pays. Beaucoup de partenaires se sont prononcés pour le financement de ce secteur dont l’Union Européenne, l’Inde,  l’Algérie, l’Egypte et le Kenya.
En ce qui concerne l’accès aux soins de santé de base, la santé est une dimension du bien être des populations. Les mauvaises conditions sanitaires des pauvres résultent de la relation complexe entre la santé et la pauvreté. C’est pourquoi l’ensemble des programmes prioritaires retenus dans le secteur vise à accroître l’accès aux soins de santé pour les populations surtout les plus démunies. Dans le secteur santé, beaucoup de partenaires se sont aussi prononcés dont le principal contributeur est la France. L’Egypte, et bien sûr les partenaires traditionnels de l’Union des Comores dans ce domaine (OMS, UNICEF, PNUD, ONUSIDA, UNFPA…etc.) contribueront à développer ce secteur conformément au Plan d’Action.
Une bonne gestion des acquis de la Conférence de Maurice aidera l’Union des Comores à conclure un programme FRPC avec le FMI. Un programme qui ouvrirait ainsi la porte aux perspectives d’une réduction ou annulation de la dette sous l’initiative PPTE.  Le Programme FRPC prévoit dans sa mise en oeuvre une réduction de 188 millions de $ de la dette externe de l’Union des Comores au point de décision et une réduction de 156 millions de $ au point d’achèvement. Des ressources dégagées qui pourraient ainsi financer le plan d’action dans les secteurs les moins lotis lors de la conférence de Maurice, notamment ceux de l’axe N° 1.

V.3. Les orientations futures pour un meilleur suivi des acquis de la conférence
1)    Personnaliser les contacts avec les partenaires en identifiant les points focaux et en finalisant les tableaux de contributions.
2)    Un meilleur suivi des annonces de la conférence à travers une structure efficace. L’objectif recherché est la mobilisation et l’affectation, de façon optimale, des ressources annoncées aux programmes prioritaires du Plan d’Action.
a.    Mettre en place rapidement la structure en charge du suivi de la conférence,
b.    Définir les missions dévolues à cette structure et la rendre opérationnelle.  
3)    Un renforcement des capacités nationales, tant au niveau de la programmation/ mobilisation des ressources qu’au niveau de la mise en œuvre.
4)    Une meilleure collaboration entre les services de programmation du Budget et ceux du PIP en vue de mettre progressivement en œuvre l’approche budget – programme.
5)    Négocier avec les partenaires en vue d’une meilleure approche pour alléger les procédures de décaissement.
6)    S’assurer que les structures nationales en charge de la mise en œuvre du DSCRP intérimaire ont bien été informées des conclusions de la conférence des partenaires.
7)    Consultations sectorielles, spécialement sur celles ayant fait l’objet d’élaboration d’une note sectorielle : Tourisme, Agriculture/Elevage, Pêche, NTIC, Energie, Formation Professionnelle, Santé (paludisme).


SOURCE :  Commissariat au Plan du l'union des Comores

Commentaires (1)Add Comment
Il manque les annexes de la Conférence des bailleurs de fonds !
Ecrit par Georges Drouet, août 13, 2009
Il manque les annexes de la Conférence des bailleurs de fonds... Serait-il possible d'en disposer?
Merci

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