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Nulle part il n'est question de massacres ou de crimes contre l'humanité. Pour ce qui est des responsabilités, un seul homme quasiment est visé : le lieutenant Toumba qui, par la suite, a tenté d'assassiner Moussa Dadis Camara.
Par Céline Missoffe
Le 14e sommet de l'Union africaine s'est achevé hier à Addis Abeba, en Ethiopie et c'est donc l'heure du bilan après 3 jours de réunions. L'Union africaine s'est montrée ferme à l'égard des auteurs de coups d'Etat sur le continent. « Nous devons déclarer la guerre aux changements de gouvernement non constitutionnels » a déclaré le nouveau président de l'organisation Bingu wa Mutharika. Déclaration d'intention pour le moment. « L'UA, pour L'Observateur, cherche une potion contre la « tripatouillite » aiguë. »
« Le simple fait d'évoquer ce sujet est déjà en soi une révolution au sein de cette auguste assemblée où nombre de ceux qui siègent sont aux affaires depuis plus d'une décennie ». Paul Biya, 28 ans au pouvoir, détaille le quotidien burkinabé ; Blaise Compaoré, 23 ans ; Idriss Deby, 20 ans. Il faut ajouter aussi, entre autres, « les dinosaures nord africains » : Hosni Moubarak, Ben Ali, Omar El Béchir et Mouammar Kadhafi.
Conclusion : si cette belle idée « de sanctionner les tripatouilleurs » était adoptée, les réunions à l'avenir de l'Union africaine devraient se faire en tout petit comité. Il n'y aurait plus beaucoup de chefs d'Etat autour de la table.
Dernière chance pour Andry Rajoelina pour « rectifier le tir »
En attendant, l'UA s'est montrée plus précise sur un point particulier : « Elle resserre l'étau autour de la Haute Autorité de Transition malgache » titre L'Express de Madagascar. L'organisation a adopté mardi une résolution qui demande au « régime illégal » d’Andry Rajoelina « d'arrêter ses tentatives d'imposer des solutions unilatérales à la crise ».
L'UA donne ainsi l'ultime chance à Andry Rajoelina « de rectifier le tir » d'après, cette fois, Midi Madagascar. Les menaces de sanctions deviennent « sérieuses », souligne le quotidien. Les Etats membres de la SADC pourraient fermer leur espace aérien à tout avion en provenance de Madagascar si Andry Rajoelina persiste à vouloir organiser des élections législatives en mars sans concertation. C'est ce qu'ont déclaré hier certains délégués de la communauté de développement d'Afrique australe en marge du sommet de l'UA.
Un candidat de moins pour la présidentielle au Togo
Et pas n'importe quel candidat : Kofi Yamgnane, l’ancien secrétaire d'Etat sous François Mitterrand. « Kofi Yamgnane recalé » titre La République Togolaise. La Cour constitutionnelle a rejeté sa candidature pour un problème de date de naissance. Deux dates différentes sont inscrites sur ses documents français et togolais. « Un grain de sable qui tombe au bon moment pour enrayer la mécanique d'un challenger potentiellement sérieux » écrit le site internet Fasozine au Burkina.
Cette décision, d'après un autre site, Togo City « ne fait que confirmer les doutes qui pèsent sur l'indépendance de la Cour constitutionnelle ». Togo City qui parle de « rejet planifié et sans surprise de la candidature de Kofi Yamgnane ». « L'expulsion (début décembre) du premier secrétaire général de l'ambassade de France à Lomé, soupçonné d'être proche de l'ancien secrétaire d'Etat, annonçait déjà la couleur. »
Codjia suspendu
Togo City revient aussi sur la décision très controversée de la CAF (la Confédération africaine de football) de suspendre pour deux CAN d'affilée l'équipe togolaise dont le bus a été mitraillé au Cabinda. La CAF agit « comme si les Eperviers avaient eux-mêmes commandité l'attentat contre leur bus ».
Autre décision qui fait également des vagues. La victime cette fois s'appelle Bonaventure Koffi Codjia, détaille L'Observateur. L’arbitre béninois est suspendu jusqu'à nouvel ordre pour ne pas avoir sanctionné le gardien de but algérien lors de la demi-finale contre l'Egypte. Chaouchi avait pourtant fait mine de vouloir lui mettre un coup de boule mais Codjia n'a pas mentionné cette faute dans son rapport. C'est donc « la victime qui est sanctionnée à la place du bourreau ».« Décidément, cette CAF là n'a pas fini de nous surprendre », conclut le quotidien de Ouagadougou.
Commission d’enquête guinéenne « dite indépendante »
En Guinée, à présent, la commission nationale d'enquête sur les évènements du 28 septembre a rendu ses conclusions. A ce sujet, je vous conseille l'article du site Tam Tam Guinée qui revient avec précision sur les chiffres donnés par cette commission : 63 morts, 36 agressions sexuelles, 21disparus.
Nulle part il n'est question de massacres ou de crimes contre l'humanité. Pour ce qui est des responsabilités, un seul homme quasiment est visé : le lieutenant Toumba qui, par la suite, a tenté d'assassiner Moussa Dadis Camara. « Les choses ont dégénéré, dit le rapport, lorsque Toumba est arrivé au stade à la tête d'une équipe de bérets rouges et qu'ils ont tiré sur la foule. » Rapport donc très différent de celui de la commission mandatée par les Nations unies. Il a été remis hier au Vice-président du CNDD par le président de cette commission d'enquête guinéenne « dite indépendante » note le site Tam Tam Guinée.
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